Messanges

La cloche multi-centenaire de Messanges

"extrait de la gazette C'était Hier n° 11 publiée par l'association Sur les traces du passé du canton historique de Gevrey-Chambertin".

Qui a déjà entendu pCLOCHE DE 1545arler de la « petite cloche », objet historique de l’église de ce village de l’arrière-côte de Gevrey ? Peu de monde… sauf des archivistes, certains professionnels, et des Messangeois qui, comme moi, ont lu le bulletin municipal de 2003.

Évidemment, il ne s’agit pas d’un monument, ni d’une belle demeure, mais seulement « d’un objet » appartenant au mobilier de l’église de la Visitation. Et c’est en grande partie grâce au hasard que cette cloche a été découverte, reconnue et classée comme objet mobilier, parmi les monuments historiques.

En effet, en 2002, monsieur le maire, Gilbert Goujon, et son conseil municipal ont sollicité une entreprise spécialisée pour obtenir un devis de restauration mécanique des cloches (deux), électrification, sonneries cultuelles, angelus. Donc, le 2 février 2002, des artisans sont intervenus pour l’état des lieux. En fait, l’église dispose de deux cloches très différentes, une datant de 1860, pesant 170 kg pour un diamètre de 67 cm, et une seconde, que l’on n’a pas su dater à l’époque, de 68 kg pour 50 cm de diamètre. Toutefois, ces professionnels ont bien entrevu l’intérêt de cette dernière, antérieure à 1820 (date à laquelle apparut, à l’initiative de Guizot, un premier embryon de service des monuments historiques), et non classée. Ils ont donc pris contact avec les services départementaux de l’architecture et du patrimoine pour en signaler l’existence. Après le passage de ces services, une demande de classement a été mise en cours, ainsi qu’une étude de travaux de restauration. En effet, les jougs de bois avec suspension « type grain d’orge » existants étaient en mauvais état, et devaient être remplacés. Il faut signaler que ce genre de suspension était le plus utilisé. En évitant le frottement, et par conséquent toute commotion à l’exception de la force centrifuge, cette méthode permettait à une seule personne de faire sonner la cloche à l’aide d’uneST NICOLAS corde. Toutefois, le battant usait la cloche à son point de frappe.

En fait, la procédure de classement est gratuite pour les communes et permet non seulement de protéger le patrimoine concerné, mais également, en cas de travaux de restauration, de solliciter l’ade de l’État sous forme de subvention pouvant atteindre 50 % du montant hors taxes de l’opération. La part restante est à la charge de la commune qui peut solliciter l’aide du conseil général, et susciter, s’il y a lieu, d’autres apports.

Ce fut donc M. Régis Singer, entre autres expert auprès du ministère de la Culture et de la Communication pour le patrimoine campanaire, qui a été délégué pour la procédure de ce classement.

Celui-ci, après visite, a signalé à la mairie qu’il avait été très intéressé par cette cloche. Le patrimoine campanaire est partie intégrante du patrimoine historique et culturel de la nation. À ce titre, il peut bénéficier d’une protection spécifique. Du fait de leur longévité, les cloches anciennes sont les témoins historiques de par leur épigraphe et leur décor. Elles demeurent également la mémoire acoustique contemporaine de leur époque de fabrication, et sont donc le seul élément subsistant du paysage sonore connu par les générations passées. Par conséquent, au même titre que les prestigieux bâtiments, les cloches anciennes constituent une visitationkirchemémoire auditive et archéologique qui mérite d’être scrupuleusement préservée avec ses caractéristiques.

Le clocher, construit en 1777, est attenant à l’église. Sobre, il se compose d’une tour carrée en pierres apparentes. Sur la partie supérieure s’ouvre, sur chacune des faces, une ouverture à arc en plein-cintre, sans abat-son (sous celle du nord est inscrite la date de construction). Une toiture à quatre pans recouverte de tuiles est surmontée d’une croix en fer forgé et d’un coq-girouette. Et c’est ce beffroi qui abrite les deux cloches du village.

De ce fait, M. Singer a établi un descriptif rigoureux de notre cloche. Celui-ci précise qu’elle est très belle de par sa taille importante, les caractères formant son inscription, ainsi que ses médaillons : Christ en Pitié, Vierge à l’Enfant, et sa grande croix latine.

La description de la cloche se compose ainsi, depuis sa partie supérieure à la base :

Anses de type couronne avec décor d’une tresse centrale, puis un bandeau contenant une ligne d’inscriptions en lettres gothiques. Chaque mot est séparé par un motif losangé garni d’une décoration de feuilles stylisées ou de points.

. lan vc xlv s petre et paule o p no

[traduction : l’an 1545, St Pierre et Paul Pro Nobis (priez pour nous)]

Ensuite, une second bandeau également placé entre deux filets contenant la seconde ligne de texte gothique, ainsi que des effigies (représentation de la Vierge à l’Enfant, croix latine avec décors au centre et à l’extrémité).

uldrot et guilemete truchetet

[traduction : Uldrot et Guilemete Truchetet]

D’après M. Singer, il y a une grande probabilité que ce soient les donateurs de la cloche. Truchetet étant un patronyme, les recherches généalogiques nous permettent de retrouver une famille du XVIIe siècle vivant à Messanges, puis d’autres descendants durant les siècles suivants.

Le clocher datant de la fin du XVIIIe siècle, il se peut qu’il y ait eu un clocher précédent qui ait abrité la cloche de 1545. Très certainement celle-ci a été fondue pour l’église. En effet, le décret de 1793 stipulait qu’il ne serait laissé qu’une seule cloche partomb paroisse. Elle serait donc une survivante de la Révolution française, qui transformait les autres en monnaie ou canons !

La nef de l’église est bien plus ancienne, du fait de son style purement roman. La commune de Messanges, comme la plupart des villages environnants, appartenait au Chapitre d’Autun. Elle fut vendue au seigneur de Villars-sous-Vergy (Villars-Fontaine), puis au XVIIIe siècle à la famille Pasquier. En plus de sa cloche, l’église abrite une pierre tombale classée, gravée aux noms de Philibert Belin, châtelain et prévôt de Vergy, mort en 1684, et de Jeanne Le Blanc, son épouse, morte en 1679. On peut également y admirer une statue de saint Nicolas du XVe siècle, classée en 1927.

Finalement, ce qui est curieux dans l’histoire de Messanges, c’est qu’il n’y a pas d’histoire (dixit les responsables des archives départementales) ! Et pourtant, la commune a été témoin de cette fameuse bataille en 1585 entre Bertrand de Tavannes et les ligueurs. Les pierres tombales prouvent bien son attachement à Vergy, et la cloche la ferveur de ses paroissiens. Mais pourquoi aucun écrit, aucune preuve ? Peut-être des historiens, si le cœur leur en dit, pourraient-ils faire des investigations plus approfondies et nous apporter quelques réponses…

Marie-Thérèse Hoquet

avec l’aide de Susan Klein

Bibliographie

Archives municipales de Messanges.

Archives départementales de Dijon (Mmes Carminati et Seillan).

M. Régis Singer, expert auprès du ministère de la Culture (que je remercie particulièrement pour m’avoir apporté de précieuses informations).

Les fiches pratiques du musée d’Art Sacré de Dijon.

Actualités de la paroisse

Messe d'action de grâce pour les fruits de la terre

SAM 2556

Bénédiction des cartables : 24 septembre 2017

Les messes de rentrée pour les familles ont été célébrées le dimanche 24 septembre dans les paroisses de Gevrey-Chambertin, Gilly-les-Cîteaux et L'Etang-Vergy. Avant l'envoi des catéchistes, les prêtres ont béni les cartables des écoliers. Le p. Louis de Raynal revient sur cette cérémonie peu commune.

Bénir les cartables, est-ce une première pour votre paroisse ?

« C’est la troisième fois que nous faisons cette bénédiction à la paroisse. Les enfants viennent à la messe avec leurs cartables, certains pesant assez lourds ! Déposer son cartable c’est confier son année, son travail, ses joies et ses difficultés au Seigneur. C’est lui demander de nous aider. A la fin de la messe, bénédiction des enfants avec leurs cartables qui soudain semblaient plus légers ! Beaucoup plus qu’un "grigri", cette bénédiction est une grâce de l’Esprit Saint dont les fruits sont la force, la paix et la confiance. »

Pourquoi bénir un cartable ?

« Parce qu’ils représentent une part importante de la vie des enfants, jeunes, étudiants… Ils sont le symbole du travail qu’ils doivent accomplir pour devenir adultes. Or, tout doit être pour l’enfant, comme pour tout homme, une occasion de sanctification. Jésus l’a Lui-même vécu, au temps de son enfance. Nous aurions beaucoup à recevoir également des exemples de nombreux saints, Dominique Savio et tant d’autres. On peut faire beaucoup de choses avec un cartable et surtout avec ce qu’il contient : le meilleur (chercher la vérité, apprendre le goût de l’effort, avoir le désir de progresser) comme le moins bon (tomber dans la paresse, être jaloux du succès des autres, s’enorgueillir de ses réussites). En d’autres termes, le cartable peut être l’instrument d’un combat spirituel. La bénédiction veut nous aider à la mener avec foi et avec courage, et à en sortir vainqueur. »

Quelques anecdotes sur cette bénédiction de cartables ?

« Capucine est venue avec quatre sacs : sac de classe, sac de sport, sac de musique et sac de caté ! Amandine, elle, a laissé son cartable à la maison, il pesait 15 kg ! »

Propos reccueillis par Nicolas ROUILLARD

Veillée mariale à Chambolle : 31 mai

   Chambolle1   Chambolle4       Chambolle3

Le mercredi 31 mai, une soixantaine de personnes sont venues à la veillée mariale dans la combe de Chambolle-Musigny. Ils représentaient les paroisses de Nuits-saint-Georges, l’Etang-Vergy, Gevrey-Chambertin et Gilly-lès-Cîteaux. Malgré la pluie, les fidèles ont participé activement à la veillée ! J’ai entendu autour de moi : « On s’en souviendra ! » Oui, on se souvient encore aujourd’hui de cette veillée ardente et émouvante. Surtout, Marie était émue par l’amour de ses enfants venus prier avec elle. La statue, nouvellement installée, a été bénie sous le nom de « Notre Dame du Campus Ebolliens »*. Après la veillée, on pouvait venir se recueillir dans la chapelle éclairée par des bougies tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Cette veillée restera dans les cœurs comme une ouverture à la tendresse de Marie : elle veut combler ses enfants des grâces qu’elle reçoit du Père de Miséricorde par son Fils Jésus.                                                                          Père Vincent NGUYEN

*Le nom de la commune vient de "Campus Ebolliens" ou "Champ Bouillant", ce qui décrit la vivacité du ruisseau le "Grône" qui traverse la commune après les orages. En 1110, la commune est connue sous le nom de "Cambolla".