Morey-Saint-Denis

L’église de Morey-Saint-Denis

Une église forteresse appartenant à l’abbaye de Cîteaux

Extrait de la gazette C'était Hier n° 8; publiée par l'association Sur les traces du passé du canton historique de Gevrey-Chambertin.Image4

Dès 1320, une église a été édifiée à Morey sous le vocable de Notre-Dame. Le chœur de l'actuel édifice appartient à cette église initiale. C’est le seul vestige de cette époque. Le clocher était alors sur le transept et devait aussi servir de tour de protection pour les villageois. Henri Vienne dit que cette église était entourée, dans le pourtour de son enceinte et du cimetière, de créneaux et de meurtrières. Cette disposition permettait de dispenser les habitants de leur obligation de garde à la forteresse de Vergy.

Sa construction fut l'objet d'un marché particulier en 1373. L'acte commence ainsi : « Sur le débat et d'acort qui est ou peut être entre Bernard le fontenier de Lanthenay d'une part et les habitants de la ville de Morey, tant du bois pour la construction d'ycelluy de plane et macconerie appert et necessitey… »

C'est Jean de Bussière, abbé de Cîteaux, qui a fait bâtir cette église forteresse. Morey dépendait alors du baron de Montbis dont le château se trouvait à Gilly. Les habitants de Morey sont, à cette époque, paroissiens de l'église de Gilly ; l'église de Morey n'était qu'une petite chapelle où la messe n'était célébrée que quelques jours dans l'année.

Cette première église avait probablement trois nefs car on trouve dans les actes mention d'inhumations à l'intérieur « en aile droite ou sous l'aile gauche ».

Après la chapelle Notre-Dame, on cite la chapelle de Sainte-Anne, de Saint-Pierre, de Saint-Roch et de Sainte-Brigitte qui devint celle de Saint-Jean-Baptiste en 1461.

À cette date, l'abbé de Cîteaux autorise, comme il l'a fait cinquante ans auparavant pour Chambolle, la construction d'une église à Morey. C'est Jean Moisson (parlementaire au Parlement de Bourgogne) et son épouse Marion de Chambolle qui firent bâtir l'église.

Une église à Morey mais étroitement liée à Chambolle

L'église est en piteux état à la fin du XVIIe siècle et nécessite d'importantes réparations, mais il y a désaccord entre les habitants et les moneige eglise morey 005ines. Parce que le clocher est édifié sur la nef et non sur le chœur, les habitants devront en payer la réparation… soit 9 000 livres en 1704. Les travaux prévoient une porte sous la fenêtre de la chapelle Saint-Jean et le pavement de l'église. La reconstruction est terminée en 1707. La belle façade ouest est attribuée à l'architecte dijonnais Masson.

Une partie du mobilier date de cette période : la boiserie du chœur de 1702, celle de la sacristie de 1767, les retables et les petits autels ainsi que les deux grandes statues de la Vierge et de Saint-Roch (école de Jean Dubois). C’est en raison de la présence de ce mobilier que l’église a été inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques.

Deux tableaux sont de ce début du XVIIIe siècle et attribués à Revel.

On voit aussi une copie d'un tableau du Dominiquin représentant saint Jérôme, peinte par Mutin (famille de La Grange de Morey).

Une église qui a évolué dans le temps

Dans la période plus récente, l'église a encore connu d'importants travaux et aussi, comme précédemment, quelques conflits et difficultés pour les réaliser ; ces dernières étaient dues à la complexité du statut de cette église appartenant à Morey mais aussi annexe paroissiale de Chambolle.

Ainsi en 1810, après que « les fabriciens » eurent sollicité l'aide de la commune de Morey pour refaire le clocher, c’est un artisan de Chambolle, Jean-Baptiste Guillemard, qui effectue la reconstruction. C’est aussi à ce moment qu'on pose un coq en haut d'une croix sur le clocher. Mais les résultats n'ont pas donné satisfaction. Il est dit « qu'à la place d'un clocher en forme pyramidale régulière on observe une figure informe très malproprement travaillée », refaite avec du vieux bois et où à la place d'une couverture en plomb on a mis de la tôle de fer blanc.

Nouveau litige quand Chambolle aurait dû participer financièrement à ces travauxImage3 pour son annexe paroissiale. Et une importante correspondance sur ce sujet s'échange entre les maires et le préfet de 1816 à 1840. Chambolle ne paiera pas au motif que l'église de Morey n'est pas assez grande pour contenir en même temps la population des deux communes !

La deuxième partie du XIXe siècle verra encore des travaux importants : la pose de l'horloge en 1881 et la refonte d'une cloche en 1836. Pour cette cloche, cette fois ce sont les paroissiens qui, par souscription, en règleront le coût.

Le cimetière sera transféré en 1855.

Dans la période récente, des travaux conséquents ont été effectués : un nouveau clocher plus conforme à celui d'origine en 1959 et la réfection de la rosace du chœur par le verrier Weinling de Dijon en 1977.

Enfin l'église vient de connaître une importante rénovation.

Mireille ADIBA

 

 

L'église contient quelques sépultures anciennes

• Jehan Sigault et François Sigault, son petit-fils, sous le clocher avec l'inscription suivante, « ci-gisent H. Jehan Sigault en son vivant marchant à Morey et François Sigault fils d'Humbert Sigault petit fils du dit Jean lequel Jehan décéda en l'an 1594 et le dit François en l'an 1618 le 6 novembre de son âge 22. Denise Morisot mère du dit François fait poser ce tombeau à leur mémoire. Dieu les absolve. »

• Dans le chœur, Claude Midan. « Ci-git le corps de Maître Claude Midan, avocat au souverain Parlement de Bourgogne et lieutenant ordinaire es justice de Chambolle, Morey, Brochon pour haut et puissant seigneur Mtre Jehan de Saulx, vicomte de Tavannes, seigneur des dits lieux, décéda le 22 oct an 1629 et de son âge 63. Dieu ait son âme. »

• Dans le chœur, Pierre Fion, d'abord chirurgien à Morey puis lieutenant de la justice civile de Morey et Chambolle, fils de Didier Fion, maître serrurier à Aix en Provence et de Françoise Billard et mari de Jeanne Sigault, fille de Claude Sigault, marchand à Morey et de Pierrette Bossu. Il mourut à la Bussière à l'âge de 38 ans. Jeanne Sigault fut aussi enterrée dans cette église en 1733. On trouve aussi Bernard Sigault inhumé au même lieu en 1746

François Rey seigneur de La Outre est aussi dans le chœur ; Marguerite Caille, 1719. Charles Colliot, 1733-1790, recteur d'école à Morey pendant 48 ans, inhumé dans le lutrin...

• Dans la grande allée, « ci-git Messire Claude Antoine Verchère, conseiller au Parlement de Bourgogne, seigneur d'Arcelot, Arceau, Fouchange, et Orgeux, décédé le 12 8bre 1756 R.I.P.A. »

• François Mathiot, greffier en chef au Parlement de Bourgogne inhumé près de la chapelle Sainte Brigitte.1770.27.

N.B. Ce relevé a été effectué au XIXe siècle et actuellement on ne voit pas toutes ces sépultures

Actualités de la paroisse

Maurice THINEY à Chamboeuf

Maurice THINEY

Un grand explorateur à

CHAMBOEUF

Mercredi 24 octobre 2018

20h film conférence expo

Au profit de la restauration du clocher de l’église

Rens. : 07.81.42.06.73

Messe d'action de grâce pour les fruits de la terre : dimanche 14 octobre 2018

SAM 2556

Bénédiction des cartables : dimanche 23 septembre 2018

Les messes de rentrée pour les familles ont été célébrées le dimanche 23 septembre dans les paroisses de Gevrey-Chambertin, Gilly-les-Cîteaux et L'Etang-Vergy. Avant l'envoi des catéchistes, les prêtres ont béni les cartables des écoliers. Le p. Louis de Raynal revient sur cette cérémonie peu commune.

Bénir les cartables, est-ce une première pour votre paroisse ?

« C’est la troisième fois que nous faisons cette bénédiction à la paroisse. Les enfants viennent à la messe avec leurs cartables, certains pesant assez lourds ! Déposer son cartable c’est confier son année, son travail, ses joies et ses difficultés au Seigneur. C’est lui demander de nous aider. A la fin de la messe, bénédiction des enfants avec leurs cartables qui soudain semblaient plus légers ! Beaucoup plus qu’un "grigri", cette bénédiction est une grâce de l’Esprit Saint dont les fruits sont la force, la paix et la confiance. »

Pourquoi bénir un cartable ?

« Parce qu’ils représentent une part importante de la vie des enfants, jeunes, étudiants… Ils sont le symbole du travail qu’ils doivent accomplir pour devenir adultes. Or, tout doit être pour l’enfant, comme pour tout homme, une occasion de sanctification. Jésus l’a Lui-même vécu, au temps de son enfance. Nous aurions beaucoup à recevoir également des exemples de nombreux saints, Dominique Savio et tant d’autres. On peut faire beaucoup de choses avec un cartable et surtout avec ce qu’il contient : le meilleur (chercher la vérité, apprendre le goût de l’effort, avoir le désir de progresser) comme le moins bon (tomber dans la paresse, être jaloux du succès des autres, s’enorgueillir de ses réussites). En d’autres termes, le cartable peut être l’instrument d’un combat spirituel. La bénédiction veut nous aider à la mener avec foi et avec courage, et à en sortir vainqueur. »

Quelques anecdotes sur cette bénédiction de cartables ?

« Capucine est venue avec quatre sacs : sac de classe, sac de sport, sac de musique et sac de caté ! Amandine, elle, a laissé son cartable à la maison, il pesait 15 kg ! »

Propos reccueillis par Nicolas ROUILLARD